Cette photothèque vous invite à explorer ou à redécouvrir les sites remarquables révélés au fil de nos excursions.
Ile Vierge et son phare
Dernier rempart face à l’océan
Pas une nuit de repos en 124 ans, campé sur ses récifs, contre vents et marées, beaucoup de marins lui doivent la vie.2 phares pour une ile, le petit et le grand, l’ancien et le moderne. Mais pourquoi 2 phares ?Bienvenue sur l’île Vierge pour un voyage entre terre et ciel.Majestueux à l’extérieur, lumineux à l’intérieur : ses 12 500 carreaux d’opaline diffusent la clarté et repoussent l’humidité.Du haut de ses 383 marches, le chemin de ronde vous dévoile l’océan en version grandeur nature.Le « petit phare » de 1845, détrôné par son grand frère, il a gardé son rôle de maison des gardiens pour devenir un eco-gîte d’exception. Crédit photo François Lochet.Sous les étoiles, les marins ne sont pas seuls, le grand phare veille – Photo sans retouche.Le soleil se lève, la mer reprend ses repères, le phare s’éteint.
Interview de Jean Malgorn – Dernier gardien de phare de l’île Vierge
Un sanctuaire pour les oiseaux
Résident bruyant, le pipit Maritime est un habitant historique de l’Ile Vierge.Bec orange, cri strident, plumage contrasté : l’huitrier pie n’est pas en reste pour affirmer sa présence.Au printemps, l’île Vierge est une maternité pour une multitude de goëlands argentés et goëlands marins.
Quel est le plus grand phare du monde ?
4 phares prétendent dépasser le phare de l’île Vierge. Analyse de leurs caractéristiques pour démontrer le crime de lèse-majesté
Jeddah Port Lighthouse – 131m – 1990 Non. Cet édifice en béton possède bien une lanterne de phare, mais il est avant tout une tour de contrôle portuaire et un bâtiment administratif – Crédit photo Vadym Gavrykov CC-BY-SAPerry’s Victory Memorial – 107m – 1915 Non. Cette colonne commémorative a effectivement porté une lanterne reconnue comme aide à la navigation. Mais aujourd’hui sa fonction est uniquement symbolique en mémoire de la bataille du lac Érié.Yokohama Marine Tower – 106m – 1961 Non. Cette tour d’acier a été utilisée jusqu’en 2008 comme phare. Elle est aujourd’hui une tour d’observation touristique.Statue de la Liberté – 93m – 1886 Non. Elle a bien été utilisée comme phare entre 1886 et 1902. Mais sa vocation première a toujours été symbolique et commémorative.Phare de l’Ile Vierge – 82,5m -1902 Oui ! Ce phare en granite, avec sa lentille de Fresnel et sa portée de 27 milles nautiques, est bien le plus haut phare du monde encore activité. Et sans parti pris, c’est aussi le plus beau !
Archipel de Lilia
Un chaos d’îlots et de récifs
Ce dédale de granit sculpté par les marées est aussi beau que dangereux,La nuit, il se transforme en piège mortel pour les marins.
Grande île Wrac’h
Son phare côtier et ses gardiens.
Petite île Wrac’h
Les viviers, mémoire vive d’un âge d’or des homards et langoustes à l’Aber Wrac’h.La petite maison du gardien des viviers, les pieds dans l’eau…
Ile Stagadon
Une ferme au bout du monde, des couleurs turquoise : bienvenue à Stagadon.
Gored
Le trait sombre qui se devine sous l’eau est un gored. Ces murs de pierre érigés il y a 7 000 ans étaient le principal système de pêche du Néolithique. À marée descendante, ils retenaient les poissons entrés à marée haute.
Côté océan
Récifs, houle et vagues
La Malouine, premier pilier d’une chaîne de récifs monumentaux.Affleurantes à marée basse, invisibles à marée haute, ces roches étaient surnommées « casse-coque », « coupe-quille » par les marins.Un géant de pierre au royaume des titans rocheux.Quand les récifs propulsent la houle… – Crédit photo Laurent Lelarge.… les vagues se dressent en murs d’eau redoutables. Crédit photo : Dominique Cardinal.
Balisage côtier
Depuis 1845, le phare de l’île Wrac’h indique avec la tour de Lanvaon, l’alignement d’entrée de l’Aber Wrac’h.Tourelle tribord de Beg an Toul, gardienne de l’entrée du port de Paluden.Le Petit Pot de Beurre, cardinale Est emblématique de l’Aber Wrac’h. Pour les marins, elle annonçait l’entrée dans la zone de salut.Au niveau de l’Île aux Américains, cette bouée latérale bâbord guide les navigateurs dans le chenal de l’Aber Wrac’h.
Naufrages
1978, l’Amoco Cadiz s’éventre sur les roches de Portsall. La mer devient noire, les plages s’asphyxient. Une catastrophe écologique majeure.L’épave de l’Amoco Cadiz avant son engloutissement. Revanche de la nature, elle est aujourd’hui, un habitat de choix pour les homards.Août 1986, le bateau de la SNSM part porter secours à un voilier en difficulté. Cinq sauveteurs périssent en mer : Joseph Ouhlen – Jean-Joseph Guélennoc – Jean Thomas – Patrick Vigouroux – François L’Hostis.
Pays Pagan, légende des naufrageurs
La légende raconte qu’une lanterne était accrochée aux cornes d’une vache pour attirer les bateaux vers la côte.À peine fracassés sur les récifs, les navires devenaient proie des pillards naufrageurs.Mise en scène d’un pilleur d’épave. Cette carte postale illustre davantage l’imaginaire collectif que la réalité historique.
Ernest Daudet, Journal Le Temps – 23 septembre 1899 La renommée de cette côte est sinistre et mérite de l’être. Depuis que les hommes ont conquis l’empire des mers, les pointes de l’Île Vierge, de Guissény, de Kerlouan, de Brignogan, furent les auteurs et les témoins d’effroyables catastrophes. En avant de ces rivages, et jusqu’à plusieurs milles en mer, [la nature] a jeté dans les fonds d’innombrables récifs. Quelques-uns s’assèchent à la mer basse et, quand elle les recouvre, on ne peut les deviner qu’à l’écume des eaux qui viennent se briser sur leurs dentelures redoutables. D’autres ne sont jamais couverts. Ils émergent au-dessus des ondes : ici, aiguilles acérées ; là, rocs massifs s’allongeant comme des monstres accroupis. Il en est qui ne se montrent qu’à de rares intervalles, dans les mouvements des grandes marées, et ce ne sont pas les moins périlleux. Pour naviguer parmi ces écueils, il faut les connaître et pour ne pas s’y briser il faut n’être pas saisi par les courants, enveloppé par les brumes et surtout ne pas confondre les feux des phares qui éclairent la bonne route (…). Encore aujourd’hui, des navires s’y perdent et, chaque année, on y signale des naufrages, bien qu’en ces endroits on ait multiplié phares, balises et signaux avertisseurs. Si, sur ces bords redoutés, les eaux pouvaient s’ouvrir (…) un vaste cimetière apparaîtrait sous nos yeux avec toutes les épaves que les siècles y ont accumulé, encore que les habitants en aient de tout temps arraché aux flots des quantités innombrable.
Une biodiversité exceptionnelle
Phoques
Plus de photos de la colonie de phoques dans la rubrique : Phoques on the rock.
Longtemps surchassés, les phoques ont disparu des côtes bretonnes pendant plus d’un siècle. Aujourd’hui protégés, ils réapparaissent peu à peu : une colonie vit à l’Aber Wrac’h. Un retour discret et précieux.
Escadre de fous de Bassan en vol vers Ouessant. Formation tendue, vol rasant, une chorégraphie aussi esthétique qu’efficace. Crédit photo Gilles Aimard.Huitriers pie en pause commérage sur les récifs de la Pendante.Cormorans dans leur fief des récifs du Lezenn.De retour d’une partie de pêche, le maître des lieux prend une « position en étendard » pour sécher sa cape noire. Crédit photo Gilles Aimard.
Ormeaux
Courants puissants, marnage important, température d’eau fraîche, fond rocheux et abondance d’algues : l’Aber Wrac’h réunit des conditions rares et précieuses pour la faune et la flore marine.
Cet écosystème remarquable a permis l’implantation et le développement du seul parc d’ormeaux de pleine mer en Europe – Crédit photo France Haliotis.La barge de France Haliotis en action sur le parc à ormeaux. Il faudra 3 à 4 années d’attention et de patience pour que les précieuses “oreilles de Vénus” arrivent à maturité.
Huîtres
L’ostréiculture est une activité historique du Pays des Abers. À grandes marées basses, les parcs à huîtres se dévoilent sur d’immenses étendues.
Algues
L’Aber Wrac’h, un écosystème favorable pour la faune mais aussi pour la flore. Il est ainsi au centre du plus grand champ d’algues d’Europe.
La Martine, un vieux grément goémonier typique de l’Aber Wrac’h.
Côté terre
Aber terrestre
À l’entrée de l’Aber Wrac’h, les landes rases d’autrefois ont laissé place aux boisements. Une transformation humaine.Quand l’Aber devient fluvial.
Paluden
Chargés de bois nordique, les cargos venus de Scandinavie accostent à Paluden. Le port, discret mais vivant, perpétue son activité commerciale.le Rara Avis amarré à la cale de Bel Abri.Premier pont de Paluden, construit en bois en 1851. Une passerelle pionnière entre les 2 versants de l’Aber.Après avoir servi près de cent ans, le pont en bois sous-dimensionné pour la circulation automobile, est remplacé en 1933 pour le pont en acier actuel.Inauguré en 1987, en amont du Pont de Paluden, le pont du Léon a suscité de vifs débats, révélant les tensions historiques entre les deux rives de l’Aber.
Moulin de l’Enfer
En 1925, l’Aber Wrac’h est désigné pour accueillir le tout premier projet d’usine marémotrice au monde. Les premières infrastructures sont construites, mais la crise de 1929 et les coupes budgétaires en scellent l’abandon.Le bâtiment principal du projet d’usine marémotrice abrite aujourd’hui l’atelier du chantier naval de l’association des Amis du Jeudi Dimanche, plus connue sous le nom de « l’association du Père Jaouen ». Crédit photo Moreau.henri, CC BY-SA 4.0Le Rara Avis et le Bel Espoir, les 2 bateaux amiraux de l’association des Amis du Jeudi Dimanche. Crédit Photo : Association des Amis du Jeudi Dimanche.
Vasières
Lors des grandes marées basses, l’aber dévoile son vrai visage : une vallée sculptée par la rivière.Zone de repos, de nourrissage et de reproduction, les immenses vasières de l’Aber terrestre abritent une biodiversité ornithologique exceptionnelle.Aigrettes garzettes et cormorans cohabitent avec de nombreuses espèces, résidentes ou de passage.
Avant le XVe siècle, le château de Kerouartz se dressait près du port de l’Aber Wrac’h. Détruit par les Anglais, il fut reconstruit en amont de Paluden. Crédit photo : Abers Patrimoine.
Pont du Diable
Tout au fond de l’Aber, là où il devient rivière, le Pont du Diable et ses mystères. Crédit Photo Solange Theys.
Aber Wrac’h, port et village maritime
Sémaphore
Jusqu’en 1986, 2 guetteurs assuraient la veille au sémaphore de l’Aber Wrac’h. En liaison avec le phare de l’île Vierge, ils déclenchaient les secours en cas de besoin.
Abbaye Notre Dame des Anges
Après près de 70 ans d’une vie austère sur l’île Vierge, les frères franciscain fonde l’abbaye en 1501 sur les rives de l’Aber Wrac’h . Revendue comme bien d’Etat à la révolution, elle devient une auberge.L’abbaye avant la restauration.L’abbaye aujourd’hui. Soutenue par les propriétaires, l’association des Amis de l’Abbaye des Anges propose des animations culturelles.
Port de l’aber Wrac’h Autrefois
A l’origine, un simple port d’échouage.L’Aber Wrac’h avant le polder.La jetée et la gare dans les années 1920.L’Aber Wrac’h avant les travaux de dragage et l’installation des pontons.Mise à l’eau du bateau de sauvetage.Les viviers, installés à l’entrée du port, servaient à maintenir vivants les crustacés avant leur expédition ou leur vente.Maisons des mareyeurs devant les viviers dont l’activité a longtemps contribué à la prospérité locale.
Train patates
Inaugurée en 1900, la section ferroviaire reliant l’Aber Wrac’h à Lannilis prolongeait le tracé déjà en service entre Lannilis et Brest. Ce train mixte, transportant voyageurs et marchandises, a largement favorisé le développement économique et touristique de l’Aber Wrac’h.La petite locomotive qu’il fallait parfois pousser dans la montée de Saint Antoine.La gare – Remplacée par la maison de la mer (ex centre UCPA).Dans les hauteurs de l’Aber Wrac’h, l’École d’Apprentissage Maritime (EAM), ancêtre du lycée professionnel maritime. D’abord installée dans l’ancienne gare du “train patate”, elle prend place dans ce nouveau bâtiment en 1965 avant de fermer définitivement ses portes en 1993.
Usine d’algues
Usine Saint-Antoine, vue de la Route de Doenna.Usine Saint-Antoine, vue aérienne.Usine Saint-Antoine, vue aérienne.
Vestiges de guerres
Ile aux américains
En 1918, la base américaine d’hydravions avait pour mission de traquer et de combattre les sous-marins allemands.
Vidéo de 1918. Source cinémathèque de Bretagne.Des casernes pour 500 soldats.19 hydravions au mouillage dans l’Aber Wrac’h.Hydravions Curtiss HS-2L équipés d’une mitrailleuse Lewis 7,7 mm et de 2 bombes ou grenades sous-marines de 230 livres.
Barrage flottant
Installé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale à l’entrée de l’Aber Wrac’h. Associé aux blockhaus et aux champs de mines sur les plages, il constituait l’une des nombreuses défenses du Mur de l’Atlantique.
Menhir de Menozac’h et sorcière Gwrac’h
Menhir de Menozac’h à Saint-Cava. Nous savons désormais qu’il s’agit de la sorcière Gwrac’h figée en statue, elle garde l’entrée de son palais le temps de la marée basse. Quand la mer recouvre le menhir, la Gwrac’h se métamorphose en sirène et rejoint les rives de l’Aber.La sorcière, surgie des flots, drapée d’une beauté trompeuse, pour charmer les cœurs puis les dépouiller.La Gwrac’h, dans son palais, révèle sa forme humaine véritable, fascinante et redoutable.La Gwrac’h transformée en poulpe géant pour traquer les imprudents qui ont osé percer son secret.